La SYMBOLIQUE des ICÔNES

L’Art des Icônes

 

 
     

 

INTRODUCTION  

Les icônes traditionnelles d’Europe orientale ne sont pas seulement des symboles de foi et des objets de dévotion : elles constituent aussi de remarquables œuvres d’art. Ces images extrêmement stylisées sont issues d’une culture millénaire, transmise de génération en génération, qui remonte aux premiers temps du christianisme.

* Nigel Cawthorne - SOLAR

 

HISTORIQUE  

Le terme " icône " qui vient du grec " EIKON " et qui veut dire " image " désigne une image religieuse, considérée comme le lieu de la présence divine. Elle est peinte, le plus souvent, par des moines, dans le jeûne et la prière, sous l’inspiration de l’Esprit Saint.

Les icônes, fidèles à des critères esthétiques consacrés par la tradition, représentent des figures privées d’individualité rappelant ainsi leur statut d’image ACHEIROPOIETOS ("qui n’est pas faite de la main de l’homme ").

Elles sont originaires de l’orient chrétien, où elles sont saintes et vénérées. On les retrouve, dans les églises orientales, accrochées à l’iconostase, c’est à dire une cloison de bois qui sépare la nef (symbole du monde terrestre) du sanctuaire (symbole du royaume de Dieu).

C’est au Ve siècle qu’elles acquièrent leur statut de peinture destinée à la vénération, à l’occasion de l’arrivée à Constantinople du portrait de la vierge à l’enfant (HODIGITRIA) attribuée à St Luc. A cette époque, plusieurs auteurs dont St-Augustin confirment le développement du culte des icônes. Des sources attestent même que des propriétés miraculeuses sont attribuées à nombre d’entre elles.

St Jean Damascène, à qui l’on doit la rédaction de trois traités sur les images sacrées en 730, nous dit d’ailleurs " qu’elles renferment un mystère et, comme un sacrement, sont porteuses d’énergie et de grâces ".

 

 

 

ICÔNES  

 

                

 
 

TECHNIQUE

 

Le mot " icône " s’applique surtout à une image peinte sur un panneau de bois. La surface du panneau était recouverte d’une toile de lin puis d’un enduit de plâtre (mélangé à la chaux pure ou de la poudre d’albâtre) qui constituait le fond blanc de la peinture.

Les premières icônes étaient peintes selon la technique de l’encaustique, qui consistait à délayer les pigments dans de la cire fondue. Au VIIIe siècle est apparue la peinture à la détrempe ; les pigments étaient alors délayés dans de l’eau additionnée d’œuf.

C’est au XVe siècle que les artistes commencent à se servir de peinture à l’huile.

L’œuvre terminée était recouverte d’une couche de vernis qui, absorbant la suie et la saleté, tendait à noircir.

Au départ, le nombre de sujets était assez limité ; les icônes représentant alors le Christ, la Vierge et les Apôtres. Ensuite, nous trouvons des icônes concernant les grandes fêtes de l’année liturgique. A ce sujet, la résurrection de Christ, encore appelée " Descente aux Limbes " reste la plus importante.

 

     

VIERGE DE VLADIMIR

Icône du XIIe siècle – Son extraordinaire visage exprime à la fois la tendresse, la souffrance et l’abandon à la volonté de Dieu. Cette icône fut rapportée de Constantinople comme présent à la famille du grand prince. Son nom lui vient de la ville de Vladimir où elle demeura pendant plus de deux siècles. Jésus passe son bras autour du cou de sa mère et appuie tendrement sa joue contre la sienne.

Elle se trouve actuellement à la galerie Tétriakof de Moscou.

 

VIERGE DE MUROM

Cette icône a été apportée à Murom par St Constantin (prince de Murom) pour l’aider dans son entreprise de conversion au début du XIIe siècle. Sa fête est fixée au 12 Avril.

LA TRINITE

Icône peinte par un moine, Andreï Roublev, qui vécut à l’ombre d’une église dédiée à la Sainte Trinité par St Serge de Radonège, son père Spirituel (1314-1392). L’icône de la Trinité n’est pas comme les autres icônes de Jésus, Marie ou des Saints qui sont comme des portraits de ceux qui ont existé en chair et en os. La Trinité n’existe pas visuellement de cette façon. Le peintre a mis toute sa force d'expression pour souligner le temporel dans le sacré.

Le Père, le Fils et l’Esprit Saint, c’est Dieu en trois personnes.

 

VIERGE DE L’INTERCESSION

La vierge ne porte plus l’enfant. Ses deux mains ne sont plus que prière, compassion, intercession pour tous ses enfants. Elle fut dessinée et peinte par Théophane le Grec, iconographe du XVe siècle. Elle fait partie d’un ensemble appelé la " Deisis " (imploration, en Grec), avec le Christ au centre entouré de Marie et de Jean Baptiste qui intercèdent.

VIERGE DE KORSUN

Icône de XVIIe siècle – Type de vierge ELEOUSA (tenant affectueusement l’enfant contre sa joue). Jésus tient à la main un parchemin où est écrit le texte de la loi. Cette icône doit son nom à la ville portuaire de Korsun où elle fut transportée.

VIERGE DE KAZAN

Elle se fête le 8 juillet – C’est une des icônes mariales les plus connues et les plus aimées des russes. Sa manifestation miraculeuse remonte à 1579. Elle se montra en songe à une petite fille de 8 ans, très pieuse, Matrona. La vierge lui demanda de prévenir l’évêque Jérémie qu’il fallait déterrer une icône à son effigie à l’endroit qu’elle lui indiquait et lui rendre honneur. La petite trouva cette icône dans les ruines d’une maison incendiée. La particularité de cette icône réside dans le fait qu’on ne voit qu’une des mains de l’enfant, celle qui bénit.

VIERGE DE LA PASSION

Elle est fêtée le 13 août et le sixième dimanche après Pâques. Le visage de Notre-Dame est encadré par deux anges qui lui présentent les instruments de la passion du Christ. Cette icône a manifesté son caractère miraculeux dans la cité russe de MIJNI-NOVGOROD ( l’actuelle GORKI) par la guérison d’une paysanne. Elle fut ensuite transférée au village de Paliza et, à partir de 1641, à Moscou.

Cette icône est aussi très connue en Occident sous le nom de " Notre Dame du Perpétuel Secours " (elle est alors couronnée).

 

VIERGE CONDUCTRICE

Marie et l’enfant ne sont plus tournés l’un vers l’autre dans une attitude de mutuelle tendresse, mais ils sont tournés vers le monde, vers nous. Marie présente son enfant à toute l’humanité en le montrant de la main. Son rôle de médiation est mis en évidence ; c’est pour ce motif qu’on la nomme " Hodigitria ", conductrice.

L’enfant tient toujours à la main un petit rouleau blanc : c’est la bonne nouvelle, l’Evangile ; L’autre main comme sur beaucoup d’icônes du Christ, exprime par deux doigts joints les deux natures du Christ, divine et humaine en une personne, et les trois autres doigts nous rappellent le dessein d’amour trinitaire.

 

RÉSURRECTION

Elle est évocation de la descente du Christ aux enfers : c’est l’icône pascale par excellence. Le Christ y est représenté inondé de lumière et tendant les mains à Adam et Eve. Sur la gauche, nous retrouvons David, Salomon, et Jean Baptiste et sur la droite le peuple de Dieu.

CHRIST PANTOCRATOR

C’est sans doute le modèle le plus répandu. Ce mot veut dire " qu’il domine toute la création, conserve tout dans l’être, embrassant et contenant tout en lui-même. Il pénètre tout de soi par sa toute puissance ". Il porte toujours dans la main gauche le livre des Ecritures et la main droite exprime par trois doigts reliés : le mystère trinitaire et par deux doigts écartés, le mystère de l’Incarnation.